Finances publiques · PLF 2027 présenté le 1er octobre 2026 · mis à jour à chaque étape

Budget 2027 : calendrier, chiffres et enjeux du projet de loi de finances

Le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, accompagné de l'avis du Haut Conseil des finances publiques. Cette page suit le budget 2027 étape par étape — les chiffres officiels du texte, le calendrier parlementaire jusqu'au vote avant le 31 décembre et, en regard, la trajectoire sans mesures nouvelles calculée par le modèle ouvert et neutre de France Budget.

Construire votre budget 2027 Publié le 30 août 2026 · mis à jour le 7 octobre 2026
En bref

Le Gouvernement vise un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % attendus en 2026, avec un effort annoncé de 54 milliards d'euros. Sans aucune mesure nouvelle, la simulation de France Budget projette pour 2027 un déficit de 5,3 % et une dette de 120,2 % du PIB, en prolongeant la loi de finances 2026 avec ses propres hypothèses. Cette référence est distincte du tendanciel du Gouvernement (« dépasserait les 6,5 % » sans mesures) : les hypothèses diffèrent, voir ci-dessous.

Présenté le 1er octobre 2026

Ce que contient le PLF 2027

Chiffres du Gouvernement et du Haut Conseil des finances publiques, tels que publiés le 1er octobre 2026. Ils sont présentés tels quels, sans retraitement par le modèle de France Budget.

Projet de loi de finances pour 2027 : ce qu'annonce le Gouvernement et ce qu'en dit le Haut Conseil des finances publiques, ligne par ligne
IndicateurGouvernement — PLF 2027Avis du HCFP (n° 2026-5)
Déficit public 2026 et 2027
5,4 % en 2026, 5,0 % en 2027 (cible)
2026 révisé (loi de finances 2026 : 5,0 %) ; prévisions transmises au HCFP

2026 : révision jugée « plausible », avec des « aléas significatifs » en dépenses et en recettes, qui « se renforcent au vu des dernières évolutions ». 2027 : l'ambition affichée « est un minimum au regard de la situation alarmante des finances publiques » ; à 5 % le déficit « resterait voisin du niveau où il se situait déjà en 2025 ».

Croissance 2026 et 2027
0,5 % en 2026, 1,0 % en 2027
Gouvernement, prévisions transmises au HCFP

2026 « plausible » ; 2027 « apparaît comme optimiste au regard des dernières évolutions », les prévisions des organismes auditionnés et d'autres prévisionnistes se situant « pour la plupart entre un et trois dixièmes en-dessous de celle du Gouvernement » ; « les aléas à la baisse sont majoritaires ».

Inflation 2027
1,8 %
Gouvernement, prévisions transmises au HCFP

Prévision « consensuelle », « soumise à des aléas, notamment celui de l'évolution des prix de l'énergie ».

Dette publique fin 2027
Lecture France Budget sous le tableau
121,7 % du PIB
soit 3,0 points de plus que prévu il y a un an (PLF 2026) et 13,6 points de plus que la loi de programmation 2023-2027
Gouvernement, prévision rapportée dans l'avis HCFP n° 2026-5 (§ 118)

Le ratio « continue à progresser de façon soutenue » (hausse prévue par le Gouvernement « de plus de 3,5 points en 2026 et de près de 2,5 points en 2027 ») jusqu'à « approcher 122 % » ; les taux d'emprunt dépassant la croissance, la France doit « faire davantage d'efforts pour éviter une spirale d'endettement par effet boule de neige ».

Effort de redressement
Lecture France Budget sous le tableau
54 Md€
dont 43 Md€ de mesures nouvelles portées par les textes financiers 2027 (25 Md€ en dépenses, 18 Md€ en recettes) ; le solde (54 − 43) correspond, selon Public Sénat, à des mesures « déjà prises mais appelées à monter en charge en 2027 »
Gouvernement, chiffrage repris dans l'avis HCFP n° 2026-5 (répartition 25/18) · Public Sénat, 1er octobre 2026 : « intègre en réalité des mesures déjà prises mais appelées à monter en charge en 2027 »

Selon la « méthode de référence du Haut Conseil » (par rapport à 2026) : un « ajustement budgétaire significatif », effort structurel de 0,9 point de PIB, « environ 28 Md€ », « majoritairement en recettes (17 Md€) et le reste en dépenses (11 Md€) » ; « l'effort en dépense primaire est plus élevé de 12 Md€ et atteint 23 Md€ » ; le poids croissant de la charge d'intérêts « absorbe une part importante de l'effort d'économies ». Du chiffrage du Gouvernement, le HCFP écrit qu'il « répond à un autre but » et il « appelle à poursuivre les efforts de clarification ». Sur les mesures de recettes, il « regrette de ne pas être en mesure d'en apprécier finement les chiffrages et les impacts macroéconomiques, compte tenu du peu de temps et de la documentation limitée dont il dispose ».

Déficit sous 3 % du PIB
objectif maintenu pour 2029
soit, selon l'avis, une réduction du déficit de 1 point par an en 2028-2029
Gouvernement, objectif rapporté dans l'avis HCFP n° 2026-5

Les « retards successifs pris dans le redressement des comptes publics » […] « rendent très peu vraisemblable sa concrétisation, sauf évolutions conjoncturelles très favorables ».

Dépense publique
56,9 % du PIB
dépense primaire nette limitée à +0,7 %
Ministre de l'Économie, 1er octobre 2026

Évolution des dépenses nettes « sous le plafond annuel recommandé (+1,2 %) », avec un « léger repli du ratio de dépenses au PIB », mais qui « ne conduit qu'à une réduction modérée du déficit compte tenu de la dynamique de la charge d'intérêts » ; « si l'ensemble de ces mesures est effectivement mis en œuvre, la prévision de dépense présentée est atteignable », sous réserve « notamment » de l'adoption des lois financières et des dispositions réglementaires.

Sources : communiqué du Gouvernement du 1er octobre 2026 · avis n° 2026-5 du HCFP (synthèse en ligne) · Public Sénat, 1er octobre 2026 · BFM Business, 1er octobre 2026 (déclarations du ministre)

Principales mesures annoncées

  1. 01

    Les pensions de retraite jusqu'à 1 260 € par mois restent indexées sur l'inflation ; au-delà, le texte prévoit une sous-indexation ou un gel, dont le niveau est laissé au Parlement dans la limite de l'économie visée ; le plafond de l'abattement fiscal de 10 % des retraités passe de 4 439 € à 3 000 €. (Les Échos, ICI (Radio France), 1er octobre 2026)

  2. 02

    Le point d'indice de la fonction publique n'est pas revalorisé en 2027 ; les effectifs de l'État et de ses opérateurs baissent de 1 076 postes en net. (HCFP ; BFM Business/AFP, 1er octobre 2026)

  3. 03

    Les prestations familiales et les aides au logement ne sont pas revalorisées en 2027. (BFM Business/AFP, ICI, 1er octobre 2026)

  4. 04

    Les crédits des ministères sont gelés en valeur, à l'exception de la Défense (+6,5 Md€). (HCFP, avis n° 2026-5)

  5. 05

    La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est reconduite mais réduite de 30 % ; le gel des allègements de cotisations patronales est prolongé et leur assiette élargie. (BFM Business, ICI, 1er octobre 2026)

  6. 06

    La contribution différentielle sur les très hauts revenus (imposition minimale de 20 %) est prolongée en 2027. (BFM Business/AFP, 1er octobre 2026)

  7. 07

    Plusieurs prélèvements ciblés sont créés ou relevés : taxe sur les grandes infrastructures de transport, contribution des fournisseurs de kérosène, prélèvement exceptionnel sur les avoirs en déshérence. (BFM Business/AFP, 1er octobre 2026)

  8. 08

    Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale vise un déficit ramené de 21,8 Md€ en 2026 à 12,7 Md€ en 2027, avec une progression des dépenses d'assurance maladie limitée à 2 %. (Gouvernement (déficit) ; HCFP, avis n° 2026-5 et Le Figaro (dépenses d'assurance maladie), 1er octobre 2026)

Les mesures sont résumées d'après les sources citées entre parenthèses.

Du dépôt à la promulgation

Le calendrier du budget 2027

  1. 011er octobre 2026
    Présentation en Conseil des ministres et avis du HCFP

    Le Gouvernement a présenté le projet de loi de finances pour 2027 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Le Haut Conseil des finances publiques, saisi le 18 septembre, a publié le même jour son avis n° 2026-5 sur les prévisions macroéconomiques et de finances publiques.

  2. 026 octobre 2026 au plus tard
    Dépôt à l'Assemblée nationale

    La loi organique (LOLF, art. 39) impose le dépôt au plus tard le premier mardi d'octobre. La commission des finances a auditionné les ministres et le HCFP dès le 1er octobre.

  3. 03Du 13 octobre au 17 novembre 2026 (prévisionnel)
    Examen à l'Assemblée nationale

    Première partie (recettes) en séance publique à partir du 13 octobre, vote prévu le 20 octobre ; budget de la Sécurité sociale du 20 au 27 octobre ; crédits des missions ensuite, pour un vote sur l'ensemble prévu le 17 novembre. L'Assemblée dispose de 40 jours en première lecture (Constitution, art. 47).

  4. 04Novembre – décembre 2026
    Sénat, puis navette parlementaire

    Le Sénat dispose de 20 jours après sa saisine, qui suit le vote de l'Assemblée sur l'ensemble du texte (prévu le 17 novembre) ou l'expiration de son délai de 40 jours, puis commission mixte paritaire le cas échéant — 70 jours au total pour l'ensemble de la procédure parlementaire (LOLF, art. 40). Dates d'examen au Sénat non publiées.

  5. 05Avant le 31 décembre 2026
    Adoption et promulgation

    La loi de finances doit être promulguée avant le 1er janvier 2027. À défaut de budget voté à temps, une loi spéciale autorise l'État à continuer de percevoir les impôts existants (précédents : décembre 2024 et décembre 2025).

Trajectoire sans mesures nouvelles

Le point de départ du budget 2027

Ces chiffres prolongent la politique votée dans le budget 2026 (loi de finances 2026-103) sans aucune mesure nouvelle, avec les hypothèses publiques du modèle de France Budget : c'est la trajectoire « tendancielle » de la simulation — et le point de départ du simulateur.

Déficit 2027
5,3 %
sans mesures nouvelles
Dette fin 2027
120,2 %
du PIB
Déficit 2030
6,2 %
trajectoire prolongée
Dette 2030
128,6 %
trajectoire prolongée
Déficit public (% du PIB)
Dette publique (% du PIB)

Source : LF 2026 (loi 2026-103 du 19 fév 2026) — trajectoire calculée par le modèle ouvert de France Budget (précalcul déterministe, hypothèses publiques).

À venir sur cette page

Ce que cette page suivra

  • Pendant l'examen

    Les amendements qui modifient significativement les grandes masses (recettes, missions), au fil de la navette parlementaire.

  • Au vote (décembre 2026)

    Les chiffres finaux de la loi de finances 2027 votée — qui deviendront alors le nouveau point de départ du simulateur, comme le budget 2026 voté aujourd'hui.

Questions fréquentes

Le budget 2027 en questions

Quand le budget 2027 a-t-il été présenté, et quand sera-t-il voté ?

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026 ; la loi organique impose son dépôt à l'Assemblée nationale au plus tard le 6 octobre. Le Parlement dispose ensuite de 70 jours ; la loi de finances doit être promulguée avant le 1er janvier 2027.

Que contient le projet de budget 2027 présenté le 1er octobre 2026 ?

Le Gouvernement vise un déficit public de 5,0 % du PIB en 2027, après 5,4 % attendus en 2026. Il annonce un effort de 54 milliards d'euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles (25 en dépenses, 18 en recettes), le solde correspondant, selon Public Sénat, à des mesures déjà prises. Le texte table sur une croissance de 1,0 %, une inflation de 1,8 % et une dette approchant 122 % du PIB fin 2027.

Qu'a dit le Haut Conseil des finances publiques sur le budget 2027 ?

Dans son avis du 1er octobre 2026 (n° 2026-5), le HCFP juge « plausible » le scénario 2026 actualisé, mais « optimiste » la prévision de croissance de 1,0 % pour 2027. Il juge « très peu vraisemblable » la concrétisation du retour sous 3 % du PIB en 2029 et chiffre l'effort structurel 2027 à 0,9 point de PIB, soit environ 28 milliards, dont 17 en recettes et 11 en dépenses, mesuré par rapport à 2026 après la hausse de 12 milliards des intérêts (les 43 milliards du Gouvernement se comparent à une trajectoire sans décision nouvelle).

Quel déficit public en 2027 sans mesures nouvelles ?

Sans aucune mesure nouvelle — c'est-à-dire en prolongeant simplement la politique votée dans le budget 2026 — la simulation de France Budget projette un déficit public de 5,3 % du PIB en 2027, puis 6,2 % en 2030. Le Gouvernement, sur son propre tendanciel, évoque un déficit qui « dépasserait les 6,5 % » : les deux chiffres reposent sur des hypothèses différentes et sont présentés côte à côte sur cette page.

Quelle dette publique en 2027 et après ?

Toujours sans mesure nouvelle, la dette publique atteindrait 120,2 % du PIB fin 2027, 128,6 % en 2030 et 149,8 % en 2035 selon la simulation de France Budget (modèle ouvert, hypothèses publiques).

Qu'est-ce que le PLF, et qui en vérifie les chiffres ?

Le projet de loi de finances est le texte par lequel le Gouvernement propose au Parlement les recettes et les dépenses de l'État pour l'année suivante. Ses prévisions macroéconomiques (croissance, inflation) font l'objet d'un avis public du Haut Conseil des finances publiques (HCFP), organisme indépendant adossé à la Cour des comptes ; le Parlement peut ensuite amender le texte.

Que se passe-t-il si le budget n'est pas voté avant le 31 décembre 2026 ?

La Constitution et la LOLF prévoient des mécanismes de continuité : le Gouvernement peut demander une loi spéciale l'autorisant à percevoir les impôts existants, puis ouvrir par décret les crédits correspondant aux services votés. Ce scénario s'est produit en décembre 2024, puis de nouveau en décembre 2025 (loi n° 2025-1316 du 26 décembre 2025).

Quel lien entre le budget 2027 et la présidentielle 2027 ?

Le budget 2027 est le dernier voté avant l'élection présidentielle d'avril 2027 : présenté par le gouvernement sortant, il sera exécuté, pour l'essentiel, par le prochain. Les programmes des candidats proposent chacun une trajectoire différente pour la suite — France Budget les chiffre avec le même modèle, de façon strictement identique.

Et après 2027 ? Les programmes des candidats, chiffrés

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